Hier encore, je rencontrais un responsable d’équipe qui dans son questionnement au regard de son management , pensait, qu’au-delà de ce qui lui venait là dans l’instant comme réponse possible à la situation, il y avait peut-être ….une meilleure solution.

Évidemment en pensant de la sorte, l’énergie de l’individu est aussitôt mise en mouvement à la recherche de ce potentiel meilleur qui ne serait donc pas là dans le présent.

Et bien, comment dire …

Oui peut être qu’il y a un meilleur ailleurs, peut-être. Mais ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est juste le présent. C’est juste ce qui est là. Ce que l’on sent comme possible ou pas, là dans l’instant.

Si je commence à réfléchir sur un meilleur, je me mets hors sol par rapport au présent. 

Pour ceux qui souhaitent pousser un peu la compréhension, la question peut être : « quelle est la part de nous qui nous encourage à penser qu’un meilleur est possible ? », « quelle est la part de nous qui nous fait même penser « meilleur » ?

C’est juste l’égo.  C’est son travail.

Mais l’égo n’est pas dans la vie. La vie est inévitablement juste là dans ce que nous sentons. 

D’un point de vue management, cela change tout. L’impact, la capacité de mise en mouvement ne vient pas de nos idées, cela vient de ce que nous sentons (l’enfant libre de l’analyse transactionnelle comme dirait Mr Berne ou le « Start with why » de Mr Sinek pour être plus contemporain). Partager ce que je vis, ce que je sens, n’a pas le même effet que partager ce que je pense.

Quand je partage ce que je pense (hors sol par rapport à ce que je sens), comme vous ne pensez pas comme moi, nous allons rentrer dans une polémique parce que le mental laisse la place au doute (c’est en cela d’ailleurs qu’il est très utile à l’esprit scientifique).

Quand je partage ce que je sens, j’offre à l’autre ma cohérence intérieure, ce qui fait sens pour moi. Reconnaissons que l’envie de polémique ne nous vient pas en face de quelqu’un qui est dans sa cohérence. Il peut y avoir débat, mais pas polémique.

Contrairement à ce que la société peut nous avoir fait croire, notre spontanéité est une ressource puissante. Elle est le lieu où les choses émergent en nous.

Nous avons le choix d’accepter cette émergence ou de penser qu’il y a mieux.  C’est un choix.

Et pour conclure, nous pouvons nous interroger sur la conséquence à ne pas écouter cet espace de nous ?  Nous deviendrions facilement des technocrates hors sol pour qui, par exemple, des règles doivent simplement être appliquées indépendamment d’un contexte de vie ou d’un contexte humain ! (Toute ressemblance avec des situations existantes ou ayant existé ne serait pas fortuite).

Osons notre spontanéité !