La question de la radicalité m’est venue à la lecture d’une interview de Yann Arthus Bertrand, parlant de Greta Thunberg et dans laquelle il présente sa radicalité comme une nécessité actuelle. Et si c’était juste ?

Vous connaissez l’histoire de la grenouille ? Si l’on plonge subitement une grenouille dans de l’eau chaude, elle s’échappe d’un bond ; alors que si on la plonge dans l’eau froide et qu’on porte très progressivement l’eau à ébullition, la grenouille s’engourdit ou s’habitue à la température pour finir ébouillantée.

Si nous étions juste au moment à partir duquel nous serons trop endormi pour faire un bond ?  Si le réveil c’était maintenant ? Et si ce réveil nécessitait de la radicalité ?

Étymologiquement le mot radical renvoi à la racine des choses. Aux causes. A une forme de profondeur et d’absolu.

Donc être radical, c’est revenir à la racine des choses. Et la racine, la cause de nos problématiques actuelles, c’est bien évidemment nous-mêmes, humain, notre rapport à la nature et à la vie d’une manière générale.

Revenir aux causes, c’est donc s’interroger sur ce que nous sommes ?

  • Qu’est-ce qu’un être-humain ? à quoi cela nous sert de pouvoir penser ?
  • Comment fonctionnons-nous ?
  • Qu’est ce qui génère en nous ces comportements « négatifs » et destructeurs ?
  • Qu’est-ce que la vie ? La mort ?
  • Qu’est ce qui est essentiel ? Qu’est ce qui est juste important ?

Être radical c’est prendre le temps de ces questions en ayant conscience que l’enjeu c’est le processus de  questionnement et non les réponses.  La question au sens de l’ouverture qu’elle offre en reconnaissant que la demande de réponse est souvent là pour rassurer, pour cacher une peur « de ne pas savoir ». Être radical, c’est se tourner vers l’intérieur au lieu de chercher des réponses à l’extérieur. C’est un renversement complet de façon d’interagir.

Et si nous poursuivons sur la radicalité et retournons à la racine des choses, le fait que nous, humains,  laissons le système économique prendre toute la place dans nos quotidiens fait partie intégrante du problème. La radicalité nous encourage donc à nous poser ces questions dans les lieux même de production. Ces lieux ou nous organisons au quotidien, un monde dans lequel nous croyons que nous devons gagner notre vie et qui, pour cela, détruit notre écosystème !  C’est là que l’urgence de renverser les choses se situe.

Et comme la proposition est vraiment de penser complètement différemment, il ne peut y avoir aucune promesse dans cette démarche. Juste faire le chemin par envie de le faire. Parce qu’il fait sens. Pour faire appel ou plus précisément répondre à l’appel de qui nous sommes véritablement au-delà de l’objet de production et/ou de consommation dans lequel nous sommes en train de cuire.

Prêt à bondir ? Ensemble ?